07/04/2018

anne van der linden : zoo - peintures et dessins 2017/2018


Anne Van der Linden

Zoo - Peintures et dessins 2017/2018 



30 march - 28 april 2018


Galerie Corinne Bonnet

Cité artisanale - 63 rue Daguerre - 75014 Paris







minou


Le perchoire




La lamproie





Le trophée


« Zoo » par Lucie Servin* (mars 2018) 

Il était une fois un patriarche exhibant en trophée la tête coupée d’un oryx mutant, de face dans la posture autoritaire des détenteurs de la vérité. Une femme chevauche un homme-dragon en route vers le futur, une autre regarde en biais deux oiseaux ficelés à ses bras ; une autre se branle sans conviction sur un cerf au milieu d’un marécage. Comme les contes qui portent en eux leur lot de mystère, d’angoisse et de merveilleux, les toiles d’Anne Van der Linden racontent des histoires. 

Des fables sans moralité qu’on lit avec les yeux, des histoires qu’on ne dit pas, mais des histoires qui s’impriment instantanément lorsque le regard se pose sur ces figures grotesques chargées d’une symbolique obscène, court-circuitant tous les tabous. L’artiste tire les cartes de ses questionnements métaphysiques à la vie à la mort, confronte douleur et jouissance, en livrant une vivisection joyeuse des affects dans une atmosphère de carnaval.

Les figures occupent toujours toute la place sur un fond dont la tonalité chromatique renforce le relief et la luminosité. Les femmes sont omniprésentes, puissantes et vivantes, elles affirment une force de combat, dans l’exhibition d’une sexualité frontale sans érotisme ni suggestion. Les chairs roses se découpent sur des bleus vibrant d’éclats mauve, jaune, vert ou rouge dans l’exacerbation émotionnelle. Parfois, quelques indices permettent d’expliciter une relation spatiale ou symbolique sans perspectives artificielles. Anne peint ce qu’on ne saurait dire, un dithyrambe qui s’exprime en débordement de sécrétions et de mutilations colorées.  « Je me raconte sans fard comme si j’avais besoin de donner à voir ma version des faits. Je pars d’une idée et je me laisse prendre à mon propre jeu.» explique-t-elle... [continue reading]